Méthodologie pour un travail fécond

Voici une proposition de méthodologie pour un débat théologique fécond.

Présupposés :

  • Parler à partir de convictions éclairées et bien pesées dans l’attestation d’un « ici je me tiens ». Chacun est appelé à parler pour lui-même.
  • Penser et donner à penser prend du temps : le choix s’oriente donc vers une proposition de thème en début d’année universitaire pour un échange en fin d’année universitaire.
  • Pour qu’un véritable dialogue s’instaure, il semble nécessaire de se considérer comme égaux en intelligence et en vérité de foi. Ce n’est sans doute pas un acquis au départ mais nous espérons que cela deviendra une réalité.
  • Chaque tradition religieuse, chaque famille spirituelle est le fruit d’une histoire longue qui n’est pas encore terminée, qui n’a pas encore dit son dernier mot.
  • La diversité de convictions est une réalité importante qui devient d’autant plus incontournable par la mondialisation des idées.
  • Pour éviter les généralités et les banalités, il est important de s’accorder sur la question posée de manière circonscrite et de se préparer à la pensée complexe et interdisciplinaire (théologique, historique, éthique, politique, psychologique, etc.)
  • Il est nécessaire d’oser dire non et de ne pas masquer les désaccords : un véritable dialogue ne peut se vivre que dans la vérité, tout en apprenant à distinguer vérité et sincérité.

Méthodologie proposée :

  • En octobre, le comité de pilotage pose le sujet choisi par un argumentaire qui ouvre le débat.
  • Entre octobre et décembre, sous l’impulsion du CA, des binômes (ou trinômes) sont constitués en intégrant autant que possible un professeur et un nouveau théologien (doctorant ou master recherche) pour travailler sur le sujet proposé. On veillera à éviter de construire une opposition entre les différentes institutions, ou entre théologiens des facultés et théologiens hors faculté.
  • Jusqu’en avril, les binômes travaillent chacun de leur côté à partir de l’argumentaire proposé. Chaque équipe réfléchit à la possibilité d’une contribution pertinente sur le sujet dans une approche interdisciplinaire (y compris en sortant de son champ de compétence universitaire immédiat).

La méthodologie de réflexion et de rédaction choisie sera la suivante : 

  • Déplier la problématique : présupposés, attendus, étendue du sujet
    • Élaboration des thèses (accords, désaccords, déplacements)
    • Pertinence et applications pour aujourd’hui (personnelle, ecclésiale, sociétale)
  • Début mai, les thèses rédigées par chaque binôme sont envoyées par le CA à un autre binôme qui devient alors « discutant » à partir des questions suivantes :
    • Question 1 : Que dit l’autre binôme ? Ai-je bien saisi sa pensée ?
    • Question 2 : Quels sont nos points d’accord et de désaccords ?
    • Question 3 : Les points de désaccords peuvent-ils être féconds ? Quel déplacement est possible ?

L’objectif consiste à essayer d’éveiller une discussion à partir des thèses reçues.

  • Le dernier weekend de juin, lors de RVPP :
    • restitution des thèses de chaque binôme mis en discussion par le binôme discutant.
    • De l’écoute mutuelle, des échanges en groupe et en plénière, une élaboration théologique commune sans subir la « pression » de fournir un document à publier.
    • Une dose de convivialité afin de susciter des rencontres, tisser des liens, créer des amitiés.
    • Des temps de prière et de méditations.
    • Un modérateur (un ou une théologien(ne) qui n’est pas forcément dans les institutions de formations) discerné en amont avec un esprit de synthèse et une capacité à dynamiser les échanges pour éviter les « tunnels ».

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