Méthodologie pour un travail fécond

Voici une proposition de méthodologie pour un débat théologique fécond.

Présupposés :

  • Parler à partir de convictions éclairées et bien pesées dans l’attestation d’un « ici je me tiens ». Chacun est appelé à parler pour lui-même.
  • Penser et donner à penser prend du temps : le choix s’oriente donc vers une proposition de thème en début d’année universitaire pour un échange en fin d’année universitaire.
  • Pour qu’un véritable dialogue s’instaure, il semble nécessaire de se considérer comme égaux en intelligence et en vérité de foi. Ce n’est sans doute pas un acquis au départ mais nous espérons que cela deviendra une réalité.
  • Chaque tradition religieuse, chaque famille spirituelle est le fruit d’une histoire longue qui n’est pas encore terminée, qui n’a pas encore dit son dernier mot.
  • La diversité de convictions est une réalité importante qui devient d’autant plus incontournable par la mondialisation des idées.
  • Pour éviter les généralités et les banalités, il est important de s’accorder sur la question posée de manière circonscrite et de se préparer à la pensée complexe et interdisciplinaire (théologique, historique, éthique, politique, psychologique, etc.)
  • Il est nécessaire d’oser dire non et de ne pas masquer les désaccords : un véritable dialogue ne peut se vivre que dans la vérité, tout en apprenant à distinguer vérité et sincérité.

Méthodologie proposée :

  • En octobre, le comité de pilotage pose le sujet choisi par un argumentaire qui ouvre le débat.
  • Entre octobre et décembre, sous l’impulsion du CA, des binômes (ou trinômes) sont constitués en intégrant autant que possible un professeur et un nouveau théologien (doctorant ou master recherche) pour travailler sur le sujet proposé. On veillera à éviter de construire une opposition entre les différentes institutions, ou entre théologiens des facultés et théologiens hors faculté.
  • Jusqu’en avril, les binômes travaillent chacun de leur côté à partir de l’argumentaire proposé. Chaque équipe réfléchit à la possibilité d’une contribution pertinente sur le sujet dans une approche interdisciplinaire (y compris en sortant de son champ de compétence universitaire immédiat).

La méthodologie de réflexion et de rédaction choisie sera la suivante : 

  • Déplier la problématique : présupposés, attendus, étendue du sujet
    • Élaboration des thèses (accords, désaccords, déplacements)
    • Pertinence et applications pour aujourd’hui (personnelle, ecclésiale, sociétale)
  • Début mai, les thèses rédigées par chaque binôme sont envoyées par le CA à un autre binôme qui devient alors « discutant » à partir des questions suivantes :
    • Question 1 : Que dit l’autre binôme ? Ai-je bien saisi sa pensée ?
    • Question 2 : Quels sont nos points d’accord et de désaccords ?
    • Question 3 : Les points de désaccords peuvent-ils être féconds ? Quel déplacement est possible ?

L’objectif consiste à essayer d’éveiller une discussion à partir des thèses reçues.

  • Le dernier weekend de juin, lors de RVPP :
    • restitution des thèses de chaque binôme mis en discussion par le binôme discutant.
    • De l’écoute mutuelle, des échanges en groupe et en plénière, une élaboration théologique commune sans subir la « pression » de fournir un document à publier.
    • Une dose de convivialité afin de susciter des rencontres, tisser des liens, créer des amitiés.
    • Des temps de prière et de méditations.
    • Un modérateur (un ou une théologien(ne) qui n’est pas forcément dans les institutions de formations) discerné en amont avec un esprit de synthèse et une capacité à dynamiser les échanges pour éviter les « tunnels ».

Statuts de l’association

STATUTS DE L’ASSOCIATION

« Les rendez-vous de la pensée protestante »

Association loi 1901

Siège social : 47 rue de Clichy, 75009 Paris

ARTICLE 1 : Constitution et dénomination

Il est fondé entre les adhérents aux présents statuts une association régie par la loi du 1er juillet 1901 et le décret du 16 août 1901, ayant pour titre : « Les rendez-vous de la pensée protestante ».

Le siège social est fixé au 47 rue de Clichy, 75009 Paris.

Il pourra être transféré par simple décision du conseil d’administration.

ARTICLE 2 : Objets

Cette association a pour but d’encourager et de soutenir le développement d’une pensée théologique protestante contemporaine et de promouvoir l’émergence d’un réseau théologique dans la diversité du protestantisme.

ARTICLE 3 : Moyens d’action

Les moyens d’action de l’association sont :

  • L’organisation d’évènements réguliers pour susciter les débats théologiques, bibliques et éthiques préparés et animés particulièrement par des jeunes théologiens issus de la diversité du protestantisme français.
  • Le soutien financier pour la publication et la diffusion vers un large public des productions théologiques issues des débats.
  • La création et l’animation d’un réseau de théologiens protestants au service d’un dialogue régulier des différentes sensibilités du protestantisme français.
  • Les partenaires institutionnels fondateurs

Ce sont les institutions qui ont apporté leur soutien au moment de la création de l’association. Elles disposent d’une voix consultative à l’assemblée générale.
La liste des partenaires institutionnels fondateurs est composée de la Fédération Protestante de France et du journal hebdomadaire protestant Réforme.

  • Des partenaires institutionnels privilégiés

Ce sont des institutions que l’association invite à collaborer à ses travaux, et à qui elle offre, par principe, la possibilité d’une voix consultative à son assemblée générale. La liste des partenaires institutionnels privilégiés est régulièrement révisée et jointe au RI (cf. article 2 du RI).

  • Tout autre moyen lié aux objets de l’association

ARTICLE 4 : Durée de l’association

La durée de l’association est illimitée.

ARTICLE 5 : Exercice social

L’exercice commence le 1er janvier et se termine le 31 décembre de la même année ; la 1ère année, il débutera le 1er du mois suivant la date de la création de l’association.

ARTICLE 6 : Ressources de l’association

Les ressources de l’association se composent :

  • des cotisations et participations aux frais d’activité ;
  • des subventions et recettes liées au mécénat ;
  • des dons manuels, sur réseaux numériques ou en nature mobilière et immobilière ;
  • des intérêts ou des revenus des biens et valeurs appartenant à l’association et de toute autre ressource qui ne soit pas contraire aux règles en vigueur.

Il est tenu une comptabilité faisant apparaître annuellement un compte de résultat, un bilan et une annexe, conformément aux dispositions du règlement du 16 février 1999 relatif aux modalités d’établissement des comptes annuels des associations et fondations.

ARTICLE 7 : Composition de l’association

L’association se compose :

  • Des Membres actifs

Ce sont les personnes physiques qui déclarent approuver les buts de l’association, adhérer aux présents statuts et s’engager à soutenir l’association. Ils s’engagent à payer une cotisation dont le montant annuel est fixé par le conseil d’administration. Leur candidature est soumise à l’agrément du conseil d’administration dont la décision est sans appel. Ils disposent de la voix délibérative à l’assemblée générale.

  • Des Membres bienfaiteurs

Ce sont des personnes physiques ou morales qui s’engagent à apporter leur soutien à l’association sous formes de financements, de dons matériels ou par tout autre moyen. Leur candidature est soumise à l’agrément du conseil d’administration dont la décision est sans appel. Ils sont dispensés de la cotisation annuelle. Ils disposent d’une voix consultative à l’assemblée générale.

ARTICLE 8 : Admission et adhésion

Pour faire partie de l’association, il faut en faire la demande écrite au conseil d’administration, adhérer aux présents statuts communiqués sur simple demande, et s’acquitter de la cotisation dont le montant est fixé par l’Assemblée Générale sur proposition du Conseil d’Administration.

Le Conseil d’Administration pourra refuser une adhésion, sans motiver sa décision.

ARTICLE 9 : Perte de la qualité de membre

La qualité de membre se perd par démission, décès, radiation prononcée par le conseil d’administration pour non-paiement de la cotisation ou pour motif grave portant préjudice à l’association, le membre ayant été préalablement entendu par le Conseil d’Administration et ayant fait valoir sa défense.

ARTICLE 10 : Conseil d’Administration

L’association est dirigée par un Conseil d’Administration comprenant de 10 à 20 membres élus par l’assemblée générale. Les membres élus le sont pour 4 années.

Le CA est constitué de personnes assumant la continuité du projet à partir de l’intention des fondateurs (article 1 du RI). Leur renouvellement a lieu tous les deux ans par moitié. Les membres sortants sont rééligibles. Les candidatures sont adressées par écrit au Président au moins 8 jours avant l’Assemblée Générale.

Le Conseil d’Administration est réuni au moins trois fois par an, sur convocation du Président soit de sa propre initiative ou à la demande d’au moins la moitié de ses membres et chaque fois que l’intérêt de l’association l’exige.

La présence d’au moins la moitié des membres est nécessaire pour que le Conseil d’Administration puisse délibérer valablement. Dans le cas contraire, le Conseil d’Administration peut se réunir dans les 15 jours qui suivent et délibère alors même si la moitié n’est pas présente.

Les décisions sont prises à la majorité des voix des présents et représentés. Le vote par procuration est autorisé. En cas de partage, la voix du Président est prépondérante.

Toutes les délibérations du conseil d’administration sont consignées dans un registre. Chaque conseil d’administration fera l’objet d’un compte rendu (procès-verbal numéroté et daté).

Tout membre du Conseil d’Administration qui aura manqué sans excuse trois séances consécutives sera considéré comme démissionnaire.

Le Conseil d’Administration peut, pour tout ou partie d’une séance, inviter des membres de l’association, des salariés, des personnalités bienfaitrices de l’association ou des représentants d’instances publiques définies comme partenaires de l’association. Ceux-là ne peuvent pas voter.

ARTICLE 11 : Bureau

Le Conseil d’Administration choisit parmi ses membres, un bureau composé de :

  • Un(e) Président (e), qui dirige les travaux du Conseil d’Administration et assure le fonctionnement de l’association qu’il (elle) représente en justice et dans tous les actes de la vie civile.
  • Un(e) ou plusieurs Vice-président (e).
  • Un(e) Secrétaire, qui est chargé(e) de tout ce qui concerne la correspondance. Il (elle) rédige les procès-verbaux des conseils d’administration et des assemblées générales.
  • Un(e) Trésorier, qui tient les comptes de l’association. Il (elle) effectue tous paiements et perçoit toutes recettes sous la surveillance du (de la) Président (e).

Le bureau peut déléguer tout ou une partie de ses attributions à certains de ses membres ou à des salariés.

Le (la) président (e) ordonne les dépenses. Il (elle) peut donner délégation dans des conditions qui sont fixées par le règlement intérieur.

En cas de représentation en justice, le (la) président (e) ne peut être remplacé(e) que par un mandataire agissant en vertu d’une procuration spéciale.

Les représentants de l’association doivent jouir du plein exercice de leurs droits civils.

Article 12 : Remboursement des frais

Les membres de l’association ne peuvent recevoir aucune rétribution à raison des fonctions qui leur sont confiées.

Les remboursements de frais peuvent seuls avoir lieu, selon les modalités précisées au règlement intérieur.

Article 13 : Assemblée générale

L’assemblée générale est composée des membres tels que définis à l’article 7 ainsi que des représentants des partenaires institutionnels fondateurs et des partenaires institutionnels privilégiés qui sont invités avec voix consultative.

Les membres de l’association avec voix délibérative, absents ou empêchés, peuvent donner pouvoir à un autre membre de l’association avec voix délibérative dans la limite de deux pouvoirs par membre présent.

Les partenaires institutionnels fondateurs et les partenaires institutionnels privilégiés disposent chacun d’une voix consultative pour l’Assemblée Générale.

L’assemblée générale est réunie au moins une fois par an, sur convocation du président, et chaque fois que le Conseil décide de la faire convoquer, de sa propre initiative ou sur la demande écrite du quart au moins de ses membres ayant voix délibérative précisant la ou les questions à inscrire à l’ordre du jour ; le Conseil d’administration peut toujours ajouter d’autres questions.

Les formalités d’adhésion, la convocation et la tenue des assemblées générales, la publicité donnée aux comptes et aux décisions pourront emprunter le format électronique.

L’ordre du jour de l’assemblée générale est fixé par le conseil d’administration.

L’assemblée générale choisit son bureau, qui peut être celui du conseil d’administration.

Elle entend les rapports du président (ou du secrétaire) sur l’activité et la situation morale de l’association et du trésorier sur la situation financière et la gestion comptable.

Elle approuve les comptes de l’exercice clos et, sur proposition du conseil, vote le budget de l’exercice suivant.

Elle délibère sur les autres questions inscrites à l’ordre du jour et procède, s’il y a lieu, au renouvellement des membres du conseil d’administration.

Article 14 : Attributions particulières de l’assemblée générale

Les délibérations du Conseil d’administration relatives : aux acquisitions, échanges et aliénations d’immeubles, lesquels doivent être nécessaires au but poursuivi par l’association, constitution d’hypothèques sur lesdits immeubles, baux excédant neuf années, aux emprunts, sont soumises à l’approbation de l’assemblée générale et ne deviennent exécutoires, s’il y a lieu, que dans les conditions définies à l’article 15 ci-dessous.

Article 15 : Modification des statuts

Les statuts ne peuvent être modifiés que sur la proposition du Conseil d’administration ou du tiers des membres de l’association ayant voix délibérative à l’assemblée générale.

Dans l’un et l’autre cas, les propositions de modification sont inscrites à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale, lequel doit être envoyé à tous les membres de l’assemblée générale ayant voix délibérative au moins quinze jours à l’avance.

L’assemblée doit se composer des deux-tiers au moins des membres avec voix délibérative en fonction, présents ou représentés. Si cette proportion n’est pas atteinte, l’assemblée est convoquée de nouveau, au moins à 15 jours d’intervalle ; à la suite de cette seconde convocation, l’assemblée peut valablement délibérer quel que soit le nombre des membres présents. Dans tous les cas, les statuts ne peuvent être modifiés qu’à la majorité des deux tiers des membres présents ou représentés avec voix délibérative.

Article 16 : Règlement intérieur

Le conseil d’administration peut préparer un règlement intérieur et le soumettre à l’assemblée générale pour régler des points non résolus par les présents statuts et préciser certaines de leurs dispositions, sans en méconnaître le sens et la portée.

Article 17 : Dissolution

L’assemblée générale appelée à se prononcer sur la dissolution de l’association est convoquée spécialement à cet effet dans les conditions prévues à l’article 14. Elle doit comprendre les deux-tiers des membres en exercice ayant voix délibérative, présents ou représentés. Si cette proportion n’est pas atteinte, l’assemblée est convoquée de nouveau, à 15 jours au moins d’intervalle, et cette fois, elle peut valablement délibérer quel que soit le nombre des membres présents.

Dans tous les cas, la dissolution ne peut être votée qu’à la majorité des deux tiers des membres présents avec voix délibérative.

Article 18 : Liquidation

En cas de dissolution, l’assemblée générale désigne un ou plusieurs commissaires chargés de la liquidation des biens de l’association.

Elle attribue l’actif net, en tout ou en partie, à un ou plusieurs établissements ou associations déclarées analogues ou à la Fédération Protestante de France.

Statuts approuvés par l’assemblée générale constitutive tenue à par vote électronique, le 10 décembre 2018

Le Président : Samuel Amédro

Règlement Intérieur

Article 1 : Collège des fondateurs

La liste des membres du collège des fondateurs est composée comme suit : Olivier Abel (EPUdF, professeur IPT Montpellier), Samuel Amédro (EPUdF), Alexandre Antoine (ADD – professeur à Vaux-sur-Seine), Gilles Boucomont (EPUdF), Frédéric Chavel (EPUdF, professeur IPT Paris), Guillaume de Clermont (EPUdF, président de région Ouest), Donald Cobb (UNEPREF, professeur à Aix-en-Provence), Anne-Laure Danet (FPF, œcuménisme), Valérie Duval-Poujol (FEEB), Nathalie Leenhardt (directrice de la rédaction de Réforme), Aude Millet-Lopez (FPF, communication), Gabriel Monet (Doyen de la faculté adventiste de théologie de Collonges-sous-Salève), Matthieu Richelle (professeur à Vaux-sur-Seine), Madeleine Wieger (UEPAL, professeur  à Strasbourg).

Article 2 : Liste des partenaires institutionnels privilégiés :

La liste des partenaires institutionnels privilégiés est composée comme suit : Faculté adventiste de théologie – Campus Adventiste du Salève, Faculté Libre de Théologie Évangélique de Vaux-sur-Seine, Faculté de Théologie Protestante – Université de Strasbourg, Faculté Jean Calvin d’Aix-en-Provence, Institut Protestant de Théologie – Montpellier-Paris.

Présentation des Rendez-Vous

Pour une relance de la Théologie
‘Les rendez-vous de la pensée protestante’ : un projet innovant et enthousiasmant pour stimuler et encourager le débat théologique au sein du protestantisme Français et permettre à de jeunes théologiens de se faire connaître. Nous présentons ici le projet à partir des textes écrits par les auteurs de l’initiative.

Des constats et des besoins
De plusieurs côtés a surgi et été entendu l’appel à retrouver et à renouveler la réflexion théologique protestante. La Nuit des Thèses de Protestants en Fête 2017 a offert un bel exemple de ce qu’il est possible de construire ensemble. Dans le même temps, il faut faire le double constat que, d’une part nous manquons de théologiens prêts à assumer la vocation doctorale et proprement intellectuelle, un ministère à la fois au service de nos Eglises et porteur d’une réflexion pertinente pour aujourd’hui, et d’autre part les lieux de discussion et de construction de la pensée théologique par le dialogue font défaut notamment au sein du protestantisme francophone, réduisant souvent le débat à une confrontation stérile ou à des anathèmes dérisoires. Il en résulte bien souvent que les églises ne se sentent pas ou peu nourries spirituellement et intellectuellement et que la pensée protestante reste largement inaudible dans l’espace public.

Quatre objectifs
Le premier objectif consiste à encourager, porter et soutenir l’émergence d’une pensée théologique renouvelée et axée sur des problématiques discernées pour leur pertinence pour l’Eglise et pour le monde contemporain. Il s’agit d’éviter de juxtaposer des prises de paroles individuelles pour élaborer ensemble une pensée à plusieurs.

Le deuxième objectif veut discerner et donner l’occasion d’émerger à une nouvelle génération de théologiens en mettant la lumière sur des étudiants, des doctorants mais aussi des docteurs, des pasteurs, des théologiens ou des passionnés de théologie pour les encourager et les soutenir dans ce ministère.

Le troisième objectif vise à créer un réseau des théologiens protestants francophones. La double dimension conviviale et spirituelle semble fondamentale pour la vie de ce réseau et l’efficacité du dialogue théologique.

Le quatrième objectif cherche à rendre audible une parole protestante dans l’espace public en offrant l’occasion d’une élaboration originale et les moyens de diffusion de cette pensée théologique renouvelée permettant de développer sa visibilité.

Une association et un réseauPour donner chair à ce réseau des théologiens protestants et pour soutenir l’organisation d’une rencontre annuelle, une association est créée, appelée « Les rendez-vous de la pensée protestante ».

Indépendante de toute institution, elle agit en partenariat avec la Fédération Protestante de France et vise à transcender les clivages en rassemblant toutes les familles spirituelles et intellectuelles qui traversent le protestantisme français sur la seule base de la recherche théologique de qualité.

Les partenaires privilégiés pour discerner une nouvelle génération de théologiens sont naturellement les six facultés de théologie protestante : le Campus Adventiste du Salève, la Faculté Libre de Théologie Evangélique de Vaux-sur-Seine, la Faculté de Théologie Protestante – Université de Strasbourg, la Faculté Jean Calvin d’Aix-en-Provence, l’Institut Protestant de Théologie, les Facultés de Montpellier et de Paris.

L’adhésion des personnes physiques à l’association se fait à titre strictement personnel et non pour représenter une institution. Tous les membres s’engagent à l’estime de la foi de l’autre autant qu’à la reconnaissance réciproque de l’intelligence de chacun.

L’association est dirigée par un comité de pilotage constitué de membres fondateurs issus de toutes les familles du protestantisme.

Une méthode de travail originale pour un rendez-vous annuel
Chaque année, l’association propose un sujet de réflexion ainsi qu’un rendez-vous le dernier week-end du mois de juin. En octobre, le comité de pilotage pose le sujet choisi avec un argumentaire qui explore la problématique. Chaque faculté choisit un binôme composé d’un professeur et d’un ou plusieurs étudiants (niveau master ou doctorant) pour travailler ensemble à la rédaction de thèses. L’association propose d’animer le réseau des théologiens en constituant des petites équipes de théologiens et en leur proposant de travailler ensemble pour contribuer au débat.

Fin janvier, les thèses rédigées par chaque binôme (étudiant/professeur) sont envoyées d’une part aux autres facultés pour qu’elles soient lues et travaillées en amont de la rencontre selon la méthodologie proposée qui travaille sur la traduction de la pensée de l’autre et la fécondité des écarts constatés et, d’autre part, mises à disposition de petites équipes de théologiens membres au réseau qui ont été désignées en amont.

Fin juin, lors de la rencontre, seront proposés : une dose de convivialité et un part de spiritualité pour donner corps au réseau ; un travail d’élaboration théologique à partir des thèses et des réactions sur les thèses ; des travaux de groupe avec la contribution des équipes de théologiens membres du réseau ; des auditeurs qui proposent une écoute attentive du travail fourni : une retransmission des débats en direct sur les réseaux sociaux (Facebook-Live).

Et maintenant ?
D’ici peu, l’association ‘Les rendez-vous de la pensée protestante’ communiquera dans le protestantisme Français pour susciter l’adhésion de tous ceux ou celles qui souhaitent contribuer directement ou indirectement au dynamisme et au rayonnement de la théologie protestante. Mais d’ores et déjà, il est possible d’encourager l’initiative par des dons adresser à ‘Les Rendez-vous de la pensée Protestante’, 47 rue de Clichy, 75009 Paris.

Argument

« L’autorité des Ecritures pour aujourd’hui – Enjeux et perspectives. »

Vaux-sur-Seine, les 26 et 27 juin 2020

par Alexandre Antoine, CA des RVPP

Comme beaucoup d’expressions du vocabulaire théologique, l’expression « autorité des Écritures » n’existe pas telle quelle dans le corpus biblique. Pourtant, le concept apparaît de manière permanente en filigrane au fil du texte. En effet, les auteurs bibliques écrivent dans le but de délivrer un message. Quel est-il et quelle en est la portée ? Les réponses données à ces questions n’ont pas manqué au fil de l’histoire : texte divin et inspiré, texte de religion, texte sur la religion, texte historique, texte éthique ou moral. Faut-il mettre des « et », des « ou », des « conjointement avec » entre ces approches énumérées de manière non exhaustive ? Ce qui est sûr, c’est que la question de l’autorité des Écritures ne peut être écartée d’un revers de la main en la considérant comme secondaire, surtout en théologie protestante. Le Sola Scriptura reste l’un des piliers de la Réforme. Par conséquent la question de l’autorité de ce texte se pose vu son importance dans la construction de la pensée protestante. Luther le dit avec clarté : « Nous n’accordons à l’Église aucune autorité qui dépasse l’Écriture » (WA 40 3, 434, 13).

Il convient maintenant de décomposer notre sujet afin de mieux en saisir les enjeux. La première expression est celle d’« autorité des Écritures ». La question des Écritures en elle-même pourrait être posée. Qu’entend-on par Écritures ? Quel canon ? A l’intérieur du monde protestant, la délimitation de ce dernier a longtemps fait consensus. Mais les recherches récentes sur Qumran, sur la Septante ou plus largement en critique textuelle ont soulevé des questions fondamentales sur la diversité du texte avant sa fixation et sur le processus de cristallisation du canon. En outre, le débat sur l’autorité à l’intérieur du canon porte sur le même type d’enjeux.

Le mot « autorité », quant à lui, est plus sujet à controverse. On fait souvent une distinction entre l’autorité et le pouvoir, l’autorité étant un pouvoir accepté et non-contraint. L’acception du mot et son étymologie peuvent être en outre une piste intéressante. Faut-il privilégier la compréhension grecque néotestamentaire des mots exousia et dunamis ? Faut-il s’attacher au contexte de réception marqué par la culture romaine et sa conception de l’auctoritas ? L’autorité du texte est-elle objective ou subjective ? Du côté de l’objectivité, on peut interroger le rapport entre les Écritures et leur contenu, en particulier le message de Jésus-Christ Sauveur. Le contenu des textes change-t-il la force de son autorité ? Suivant la pensée de Luther, y aurait-il des textes « de paille » ? Du côté de la subjectivité, la pensée protestante, précurseur des Lumières, pose dans tous les cas la question de l’individu face au texte sacré et donc de la réception de ce dernier, ou de son autorité acceptée ou non. Ajoutons qu’en matière d’autorité, on distingue différents niveaux et différentes sphères d’influence possibles.

Or justement, les niveaux d’autorité et leur influence dépendent généralement de la source de l’autorité. Ainsi, lorsque l’on parle de l’autorité des Écritures, on pose simultanément la question de l’origine du texte et de son auteur. Quelle est la source de l’autorité des livres bibliques ? On peut trouver à différentes reprises des textes bibliques qui sembleraient affirmer que ces derniers tireraient leur autorité de Dieu lui-même. L’un des passages les plus connus à ce sujet est le texte de la deuxième lettre de Paul à Timothée : « Toute Écritureest inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour réfuter, pour redresser, pour éduquer dans la justice. » (version NBS) Peut-on recevoir cette affirmation telle quelle ? Quel est le lien entre Écritures et Parole de Dieu ? Les Écritures bibliques sont-elles parole divine, parole humaine, parole pleinement divine et humaine ? Les Écritures sont-elles un discours de Dieu ou sur Dieu ? Si on admet que l’Écriture est inspirée par Dieu, comment l’est-elle ? Où souffle l’Esprit Saint ? Dans le texte lui-même ? chez l’auteur du texte ? chez le lecteur du texte ? Son autorité ne se manifeste-t-elle que dans le kérygme par l’action de l’Esprit Saint ? Son autorité repose-t-elle sur l’ancienneté, l’historicité des auteurs ? Est-ce la réception du texte qui fonde son autorité, ce qui mettrait les questions de l’herméneutique au premier plan ? Ou peut-être l’efficacité concrète des textes bibliques, prouvée par des données expérimentales recensées comme miraculeuses, permettrait-elle d’éclairer cette question ? En définitive, quelle est la source de l’autorité des Écritures ?

Cette question, nous la posons « aujourd’hui ». Si le recours à l’histoire de la réception de cette notion nous aidera sûrement à mieux dessiner les enjeux de la question posée, c’est au présent que nous voulons parler. Notre monde contemporain met au défi notre compréhension de l’autorité des Écritures. Les enjeux sont bien là, sur au moins deux thèmes.

 Le premier est la défiance face à l’institution et le recentrage sur l’individu. La modernité a mis au premier plan le « je ». Tout discours objectif est difficilement accepté. Il n’y a plus « la » vérité mais des vérités propres à chacun. La modernité met donc en concurrence la prétention du texte biblique à dire la vérité avec d’autres discours de vérité. Les discours scientifique, philosophique, archéologique, politique, sociologique sont acceptés comme des potentielles vérités à mettre en face du discours biblique. La question se pose : « Peut-on avoir un discours de vérité qui cherche à faire autorité dans notre monde moderne et si oui, les Écritures peuvent-elles être acceptées comme tel ? » De plus, qu’en est-il du rapport de concurrence entre une potentielle autorité des Écritures et l’autorité de textes législatifs propres à l’humanité, comme la Déclaration Universelle des Droits de l’homme ou toute constitution ? Qu’est-ce qui prime ? Le même enjeu concurrentiel se révèle dans un monde pétri de religions diverses et variées. L’autorité des Écritures prime-t-elle sur le Coran, la Torah, les textes de référence du bouddhisme ? Face aux enjeux de ce monde contemporain, en quoi notre rapport à l’autorité de l’Écriture influence-t-il nos prédications, nos engagements de société ?

Le second thème qui met en lumière les enjeux de notre problématique est celui de l’abus d’autorité. Dans un monde marqué par les fanatismes en tout genre et autres dérives sectaires, un discours d’autorité est-il recevable ? D’ailleurs les deux thèmes pourraient se recouper sur le champ plus large de l’herméneutique, de l’application des textes bibliques en lien avec leur autorité.

Nous terminons enfin en évoquant rapidement les perspectives qui pourraient s’ouvrir suite à la discussion sur un tel sujet. Autrement dit, que peuvent apporter une réflexion et une confrontation théologiques sur la question de l’autorité des Écritures au sein de la pensée protestante ? Nous voyons au moins deux perspectives se dessiner. La première est simplement celle de l’affinement de cette problématique. On peut se demander si les différentes approches et divergences d’opinion sur le sujet ont permis des avancées dans la compréhension de cet enjeu. L’autorité des Écritures a souvent été un élément scissipare au sein de la famille protestante. Mais dans la volonté de dialoguer ensemble, nos différentes conceptions aident-elles à mieux saisir les enjeux et la nature de cette autorité ? Ce dialogue permet-il des rapprochements entre nos théologies ou au contraire cristallise-t-il nos différences ? La seconde perspective est celle de s’enrichir de l’autre, dans l’idée que sa compréhension de l’autorité des Écritures nourrit la compréhension de sa foi. L’autorité des Écritures est une notion qui touche au cœur même du quotidien de la vie. En effet, elle influence notre éthique de vie, notre foi personnelle et notre piété. Les vies des différentes familles et dénominations protestantes sont -elles vécues différemment selon la conception de l’autorité des Écritures professée ? En outre, la découverte de la spiritualité des différentes franges du monde protestant pourrait-elle nous ouvrir d’autres perspectives ?